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lundi 19 novembre 2012

SKYFALL



SKYFALL
Angleterre-États-Unis. 2012. Drame d’espionnage de Sam Mendes avec Daniel Graig, Judi Dench Naomie Harris et Javier Bardem.
Sortie en salle : 8 novembre 2012.

Présumé mort suite à une mission avortée, James Bond se laisse aller dans la beuverie dans un pays tropical. Mais lorsque la base du MI6 est victime d’un attentat à la bombe, Bond revient en Angleterre. Même s’il échoue les tests pour revenir en service, l’agent 007 est envoyé à Shanghai pour trouver un dangereux terroriste …

Ce 23e épisode de la série James Bond donne un nouveau souffle à la franchise, désormais vieille de 50 ans. Avec aux commandes le primé aux Oscars Sam Mendes (AMERICAN BEAUTY, ROAD TO PERDITION), on pouvait espérer un épisode moins routinier, plus étoffé que la moyenne, peut-être même un cran au dessus de CASINO ROYALE? Assurément, car SKYFALL comble les attentes et ce dès le plan d’ouverture. 

 Le prologue qui nous plonge dans l’action est époustouflant et mémorable (jusqu’à la fin de la chanson d’Adèle). Malgré une ressemblance avec MISSION :IMPOSSIBLE de 1996 (la liste des espions sur un disque), le scénario creuse l’état mental de l’agent 007 et prend en compte sa condition physique qui n'est pas top niveau. Daniel Graig est tout simplement irréprochable dans ce rôle, surpassant en intensité ses précédentes performances. 


On a droit aussi à un vilain particulier, un ex-agent devenu terroriste, composé avec une grande aisance par Javier Bardem. D’ailleurs, la relation qui se crée entre le héros, le méchant et M. (la vénérable Judi Dench) peut être intéressant à analyser. Au fond, on pourrait affirmer que M. est une mère pour Bond et même pour le «méchant» et que celle-ci vit avec des décisions du passé qui ont changé le parcours moral et émotif de «ses fils». 

Et pour bien mener ce récit, la réalisation fort maîtrisée et soignée fait preuve de patience à des moments précis pour maintenir la tension, sans pour autant négliger l’action et les touches d’humour (dont un très bon clin d’œil à GOLDFINGER). Quoi demander de mieux?
Cote : 8/10.

samedi 17 novembre 2012

THE EXPENDABLES 2

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THE EXPENDABLES 2
États-Unis. Aventures de Simon West avec Sylvester Stallone, Jason Statham, Dolph Lundgreen, Jean-Claude Van Damme, Bruce Willis, Arnold Schwarzenegger et Chuck Norris.
Sortie en salles: 15 août 2012
L’équipe des mercenaires «expendables» est de retour, cette fois elle a pour mission de s’emparer d’une carte électronique au contenu secret dans un avion avant que celle-ci ne tombe aux mains de personnes dangereuses.
L’intrigue de cette suite réunissant des has been des films d’action des années 80 est bien sûr un prétexte à des fusillades, des cascades, des explosions et des combats violents. Le scénario comme on le sait, demeure à l’état primaire, mais les acteurs (en particulier Stallone, Arnold, Chuck Norris, Dolph Lundgreen et Bruce Willis) ont droit à des touches d’ironie et d’auto-dérision dans leurs répliques. 

On regrette que le méchant de service joué par un Jean-Claude Van Damme volontairement suffisant (mais peut-il faire mieux?) manque d’originalité et de folie. Sans doute, on a préféré le laisser ringard, après tout nous ne sommes pas dans une sorte de BD THE FIFHT ELEMENT (on pense à Gary Oldman en méchant) ou bien dans un blockbuster de qualité (on pense aux vilains plus complexes des BATMAN de Christopher Nolan).   

 Peu importe, les has been ont tout de même du plaisir à jouer et en deviennent sympathiques. Et il faut avouer que la réalisation est efficace en préconisant l’action brute et viscérale, avec le moins d’effets spéciaux numérique possible. Certains diront «...oui mais il y a de la violence gratuite!» Peut-être mais elle en devient ironique. On sort de la projection satisfait. Bref, un plaisir coupable.
Cote : 7/10.



LE SEIGNEUR DES ANNEAUX

Le très attendu THE HOBBIT: AN UNEXPECTED JOURNEY de Peter Jackson prendra l'affiche au cinéma dans moins d'un mois (le 14 décembre). En attendant, l'occasion est belle de revenir sur la trilogie à succès THE LORD OF THE RINGS du même cinéaste:



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THE LORD OF THE RINGS: THE FELLOWSHIP OF THE RINGS
États-Unis - Nouvelle-Zélande. 2001. Conte réalisé par Peter Jackson avec Elijah Wood, Ian McKellen et Viggo Mortenson.


“ Un Anneau pour les gouverner tous
Un Anneau pour les trouver
Un Anneau pour les amener  tous et dans les ténèbres les lier"
- J.R.R. Tolkien
Adapter au cinéma l’entière épopée fantastique de J.R.R Tolkien est loin d’être une tâche facile. L’ambitieux qui veut s’embarquer dans ce projet risqué sait bien qu’il peut attirer les foudres des nombreux fans de l’auteur quel que soit le résultat final. Le réalisateur Néo-Zélandais Peter Jackson a tenté le coup en tournant de façon simultanée les trois films tirés de la trilogie complexe et touffue de Tolkien. Ce tour de force qui a nécessité au moins 15 mois de tournage a poussé le cinéaste au bout du rouleau. Tout ce travail valait-il vraiment la peine? Jusqu’ici nous devons admettre que oui, car le premier film est à la hauteur des attentes.
 THE FELLOWSHIP OF THE RING est une adaptation convaincante du premier volet du roman de J.R.R Tolkien. La richesse du récit et la splendeur des images sont admirablement exploitées par la réalisation enlevante de Jackson. Avec sa fougue, le cinéaste réussit à nous offrir de belles séquences épiques. Du stylisé prologue à l’excitante poursuite à cheval d’Arwen ou du passage dans la Moria jusqu’à une bataille finale prenante dans une forêt, le spectateur est transporté pendant trois heures dans un monde fantastique et pseudo-historique dignement illustré.
Sur le plan technique, certains mouvements de caméra donnent le vertige, tandis que d’autres évoquent un état d’adrénaline lorsque les héros sont menacés par l’ennemi. Malgré la place accordée au spectaculaire, Jackson est conscient que ses personnages ont un coeur et une âme. Ainsi, après les scènes d’action et de frayeur, le cinéaste laisse place à des moments parfois émouvants qui montrent bien la dimension humaine des personnages. Les acteurs jouent de façon irréprochable (avec en tête Elijah Wood, Ian McKellen, Viggo Mortenson et Sean Bean), incarnant avec crédibilité et sincérité des personnages dont le destin est dangereusement lié à un anneau magique convoité par un seigneur maléfique.



Quant au scénario, il simplifie le texte original sans pour autant lui extraire ses réflexions-clés.  THE FELLOWSHIP OF THE RING est d’ailleurs le film de la trilogie qui est le plus fidèle à la philosophie du roman. Et que dire de l’Anneau? Jackson en fait pratiquement un personnage. Comme le dit Boromir : «C’est une étrange fatalité que nous devions éprouver tant de peur et de doutes pour si petite chose…une si petite chose».

La magnificience de la mise en scène évoque bien ce sentiment. Bien sûr, on peut reprocher à ce premier épisode son côté un peu répétitif (les héros voyagent, combattent, se reposent, combattent, voyagent, se reposent...), mais la réalisation rachètent ce défaut en insufflant au récit une véritable puissance épique, surtout dans la dernière partie où l’étau se resserre sur des personnages qui doivent prendre des décisions cruciales.
Cote: 9/10
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THE TWO TOWERS
 États-Unis- Nouvelle-Zélande. 2002. Conte de Peter Jackson avec Viggo Mortensen, Elijah Wood, Sean Astin, Andy Serkis, Bernard Hill, Ian McKellen, Brad Dourif, Mirando Otto, Christopher Lee…
«Cruauté réveilles toi. Qu’importe le courroux, qu’importe la ruine et que l’aube soit rouge!»
-Theoden

Pendant que Frodo et Sam poursuivent leur route sinueuse vers le Mordor, Aragorn et sa compagnie devront aider le peuple du Rohan, alors que Merry et Pippin font la connaissance de l’Ent Sylverbarbe dans une forêt enchantée…
Cette adaptation du deuxième tome du roman de J.R. Tolkien est un tour de force. Grâce à la réalisation foudroyante de Peter Jackson, THE TWO TOWERS constitue une suite colossale à THE FELLOWSHIP OF THE RING. Rarement aura-ton vu un début de suite avec un souffle aussi infernal! Racontant en parallèle les aventures de trois groupes de personnages, Peter Jackson et ses scénaristes ont construit un scénario vigoureux, aux thèmes intemporels.
Peu fertile en péripéties, le deuxième tome a subi certaines modifications importantes lors de sa transposition au cinéma. Par exemple, le changement de comportement de Faramir (le frère de Boromir).


Dans le roman, il n’est nullement tenté par l’Anneau, ce qui est tout autre pour le Faramir du film. Bien des adeptes de Tolkien n’ont guère apprécié ce changement, mais cette décision des auteurs a pour but de rendre encore plus tendu et ardu le périple de Frodo. Et comme il est suggéré, dans la version cinéma du moins, Faramir veut prouver sa valeur à son père, l’intendant du Gondor. Ce détour narratif est aussi un prétexte pour reporter au troisième film une péripétie célèbre du deuxième tome du roman. 


Jackson et ses scénaristes veulent aussi amplifier le caractère épique dans l’écriture. Le lyrisme de plusieurs répliques puise non seulement dans les dialogues du livre mais aussi dans la narration même du texte original, au risque parfois de tomber dans la grandiloquence. Malgré ces efforts honorables de transposition des scénaristes, THE TWO TOWERS apparaît moins envoûtant et moins émouvant que son prédécesseur.
 En revanche, TWO TOWERS offre un spectacle encore plus imposant et fascine à chaque présence du fameux Gollum. Cette créature qui prend vie grâce au «motion capture» (et à la performance d’Andy Serkis)  se révèle un personnage complexe et même touchant. Jamais n’a-t-on vu un personnage numérique aussi «réel» et prenant sur le plan psychologique. Frodo est lié à Gollum, ce qui crée une relation assez trouble d’attachement et de répulsion entre ces deux personnages.
Outre la présence de Gollum, THE TWO TOWERS vaut le détour pour la bataille du Gouffre de Helm. Là est le véritable et ultime «climax» de ce deuxième volet. Le mélange d’effets numériques, de maquettes et d’éléments réels dans cette séquence atteint un nouveau standard d’excellence. La bataille est entrecoupée par le segment moins captivant avec Merry et Pippin, mais elle atteint la grâce dans sa conclusion!

En somme, THE TWO TOWERS est un divertissement généreux, qui prône l’amitié et la fraternité entre les peuples. Le film ne présente toutefois pas la même ambiance que THE FELLOWSHIP OF THE RING. On est davantage dans des climats «apocalyptiques» que «merveilleux». Quoi qu’il en soit, on continue à s’attacher aux personnages et à cette époque, on attendait le dernier volet avec appréhension et impatience…
Cote : 9/10.


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THE RETURN OF THE KING
État-Unis- Nouvelle-Zélande. 2003. Conte de Peter Jackson avec Elijah Wood, Sean Astin, Viggo Mortensen, Ian McKellen, Andy Serkis, Bernard Hill, Miranda Otto…

«Je suis nu dans les ténèbres et il n’y a aucun voile entre moi et la roue de feu. J’arrive à la voir de mes yeux éveillés…» -Frodo

Ce dernier volet de l’adaptation de l’épopée fantastique de Tolkien n’est ni plus ni moins qu’une richesse sur le plan du spectacle et des émotions. Peter Jackson doit jongler (à nouveau) avec plusieurs intrigues et personnages, et doit du coup supprimer de nombreux passages du bouquin. L’effet n’est pas complètement satisfaisant pour certaines scènes (ex :Le chemin des morts, la maison des guérisons), mais cette impression s’oublie devant la montée dramatique de l’histoire et la fougueuse inspiration visuelle du réalisateur.



Dans RETURN OF THE KING, le récit va de pair avec la démesure: nombreux personnages, décors encore plus grandioses, chemins plus tortueux, batailles titanesques avec d’innombrables combattants, créatures encore plus dangereuses, durée excessive du long-métrage (3h 21) et épilogue fleuve. 



La mise en scène dans ce contexte déploie bien sûr  sa démesure avec son caractère souvent vertigineux. Sur ce point, la bataille sur les champs de Pélennor est un grand moment du cinéma épique. La charge des Rohirrims, par exemple, donne des frissons tellement elle est bien amenée sur le plan dramatique. Jackson réussit à rendre palpable l’émotion que génère tout à la fois la grandeur épique et le côté plus intimiste du récit.
 
La séquence de la Montagne du Destin et le «Pour Frodon» d’Aragorn sont des morceaux d’anthologie.  Que dire justement de certaines répliques ( excluant celle d’Aragon)? Les meilleures sont aux bons moments et à juste titre tirées du livre alors que la musique de Howard Shore, en parfaite harmonie avec l’action, les lieux et les sentiments évoqués, se veut plus mélancolique et encore mieux utilisée que dans les deux premiers volets. Bref, elle apporte beaucoup au film.


THE RETURN OF THE KING est une œuvre de cœur qui termine sa route de façon heureuse et triste à la fois. C’est un magnifique dénouement qui ne m’a pas paru interminable, contrairement à ce qu’en ont pensé plusieurs spectateurs et critiques. Empreint de finesse et de mélancolie, l’épilogue montre que Frodo ne pourra profiter pleinement de son retour chez soi, puisqu’une douleur persistera toujours suite à ce long et éprouvant voyage. Sa mort symbolique sera certes paisible, mais combien déchirante pour ses amis. En fait, rendu au générique de fin, le fan de LORD OF THE RINGS n’aura jamais été aussi triste de quitter un univers fantastique.
Cote : 9/10.


Pour terminer, on ne peut passer sous silence les versions longues (les fameux «extended edition») de chaque film. La version de 3h 30 de FELLOWSHIP OF THE RING confère subtilement à la réalisation un souffle plus ample et un rythme plus fluide. C’est à mon avis la meilleure des «versions longue» de la trilogie. 





La version allongée de TWO TOWERS se rapproche plus de l’esprit de démesure du troisième volet. Environ 40 minutes ont été ajoutées, ce qui procure une meilleure compréhension narrative que la version cinéma, mais avec ses nombreuses intrigues et personnages, le récit peut paraître parfois dispersé.





Quant à la version de 4h 10 (!) de RETURN OF THE KING, elle vaut le détour pour sa splendeur et son ampleur épiques inégalés. On découvre enfin avec plaisir la mort spectaculaire de Sarouman, alors que d’autres scènes donne un peu plus d’importance à certains personnages (ex : Faramir, Merry, Pippin, Eowyn). Par contre, au cumulatif, le montage de cette version longue peut donner un effet de surenchère. Sans doute un croisement entre la version cinéma et l’«extended edition» aurait été parfaite.



Et voîlà, d'ici là, il ne faudrait pas se faire des attentes démesurés pour THE HOBBIT. L'oeuvre originale a d'ailleurs été écrite par Tolkien avant son célèbre THE LORD OF THE RINGS. Il n'avait pas encore développé l'histoire combien complexe, riche et imaginative qu'allaient devenir THE LORD OF THE RINGS. Mais parions que Peter Jackson ne fera pas les choses à moitié avec les moyens techniques mis à sa disposition. Il les mettra, on l'espère de nouveau, au service du plaisir du récit. Et avec un Bilbo, Gandalf et 13 Nains, l'aventure risque d'être assez colorée!