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jeudi 27 octobre 2011

CAPITAINE AMERICA: LE PREMIER VENGEUR

(VF de CAPTAIN AMERICA: THE FIRST AVENGER)
États-Unis. 2011. Film d’aventures de Joe Johnston avec Chris Evans, Hugo Weaving, Hayley Atwell et Tommy Lee Jones.
Sortie DVD et Blu-ray: 25 octobre 2011.
À l’origine, le personnage de Capitaine America a été créé (en 1940) à des fins de propagande, ce qui explique son costume sur le modèle du drapeau américain et ses exploits qui consistaient à combattre les nazis et les japonais. Depuis, Marvel comics a ressuscité ce super-héros. Dans l’adaptation cinématographique qui nous intéresse, Capitaine America combat des nazis et plus particulièrement le méchant Crâne rouge, un fou aux pouvoirs similaires se prenant pour Dieu. Crâne rouge est même prêt à passer par-dessus Hitler pour parvenir à ses fins mégalomanes. Mais avant de nous plonger dans l’action véritable, le film explique la genèse du super-soldat américain. En 1942, durant la Deuxième Guerre mondial, le jeune et maigrichon Steve Rogers de Brooklyn  tente à plusieurs reprises de s’enrôler sans succès dans l’armée, jusqu'au jour où un docteur (anciennement dans le camp ennemi) le remarque et lui propose une expérience scientifique. Rogers devient alors un super-soldat.


Le réalisateur Joe Johnston (THE ROCKETEER) et ses scénaristes développent l’intrigue avec un sérieux certain, tout en se moquant à quelques reprises du costume ridicule du super-héros et de la propagande d'enrôlement militaire de l’époque. Ce parti pris ambigu laisse un peu perplexe surtout à la vue de moments où des ralentis et une musique pompeuse surlignent les exploits du héros. On se demande si les auteurs jouent la carte du pastiche ironique ou bien du patriotisme assumé. De toute façon, on ne peut trop en demander à un personnage héroïque dont le nom signifie le patriotisme même.

Ce qui charme surtout dans le film, c’est le mélange de genres (récit de super-héros, drame de guerre, science-fiction, aventures) à saveur rétro. Les scènes d’action y sont décoiffantes et réalisées dans un style à la fois brute et soigné qui met en veilleuse le montage trop frénétique. On regrette par contre une baisse de tempo dans la deuxième partie du film, mais il revient en forme pour la péripétie finale.


Dans le rôle de Capitaine America, Chris Evans convient assurément, alors que l’exquise Hayley Atwell est malheureusement sous-utilisée dans la peau d’une Peggy Carter qui a du caractère.
Cote: 6.5/10

LE SENS DE L'HUMOUR

Québec. 2011. Comédie d’Emile Gaudreault avec Michel Côté, Benoit Brière  et Louis-Josée Houde. Sortie DVD: 11 octobre 2011.
Un psychopathe introverti séquestre deux humoristes qui ont ri de lui pendant un spectacle de leur tournée.
Sous son apparence de petite comédie noire, ce nouveau film d’Emile Gaudreault se veut une sorte de cours sur l’art de faire rire et de rire de soi-même. Jusqu’où va le sens de l’humour? Et comment peut-on s’affirmer par l’humour? Ce sont des questions que le film aborde et développe en se servant de la dérision et du second degré. Ainsi, le personnage à la fois inquiétant et cocasse de Michel Côté (encore fiable) est humilié  sous le signe d’un humour méchant. Mais ironiquement, la souffrance qui l’habite se désamorce par la suite grâce à la manière dont est utilisé l’humour. 

L’auto-dérision et le second degré va même commenter à un certain moment le jeu dramatique limité de Louis-Josée Houde. Dans une scène supposément touchante où son personnage est sensé complimenter celui de Benoit Brière (en verve), ce dernier lui répond en bouffant de rire qu’il sonne terriblement faux! C’est un des exemples qui justifie le sens et le titre même du film.

     Bien sûr, LE SENS DE L’HUMOUR n’ira pas au panthéon de la mise en scène, malgré un rythme sans faille et une direction artistique colorée, ni au rang digne des comédies à suspense à la Hitchcock, puisque justement  le ton d'humour de Houde et de Gaudreault ne nous fera jamais craindre vraiment la mort des personnages. Peu importe, LE SENS DE L’HUMOUR demeure une comédie bien plus réflexive et heureuse que la moyenne.
Cote 7/10.

jeudi 20 octobre 2011

THE TREE OF LIFE

L'ARBRE DE LA VIE (VF de THE TREE OF LIFE)
États-Unis. 2011. Chronique réalisée par Terrence Malick avec Brad Pitt, Jessika Chastain, Hunter McCracken et Sean Penn.
Sortie dvd et blu-ray : 11 octobre 2011.



Ce nouveau film de Terrence Malick (BADLANDS, THE THIN RED LINE) peut être jugé comme aussi envoûtant que prétentieux. Ce n’est pas pour rien que THE TREE OF LIFE a été comparé à 2001 de Stanley Kubrick.
Fidèle à lui-même, Malick a réalisé une œuvre poétique, métaphysique et parfois onirique qui philosophe sur Dieu, la nature, la vie, la mort et le comportement humain. Il le fait ici en évoquant l’état d’esprit d’un homme toujours hanté par ses souvenirs d’enfance et la mort de son frère à 19 ans. Bien sûr, le montage y est en accord avec le scénario, c’est-à-dire impressionniste.
Au début du film, Malick délaisse pendant un bon bout de temps les personnages pour montrer la création de l’univers et de la Terre, ce qui crée une analogie avec la naissance d’un enfant. Ensuite, l’auteur opte pour le point de vue du monde de l’enfance pour dépeindre la vie d’une famille du Texas dans les années 50 où la sévérité du père provoquera la révolte de l’un de ses trois enfants.
Le pouvoir d'évocation de ces souvenirs est assez fascinant, mais à la longue, ce récit (ou non-récit) risque d'écorcher en chemin la patience du spectateur, puisque Malick préfère la contemplation aux actions concrètes des personnages, et ce pendant plus de deux heures. Le film aurait été tout aussi réussi avec une demi-heure de moins. Du coup, on peut considérer THE TREE OF LIFE comme un film moins intense  que THE THIN RED LINE mais plus abouti  que A NEW WORLD du même Malick. On pourrait aussi affirmer que ce cinéaste radote à force de se complaire encore dans ses contre-plongés sur les arbres, ses questions sur Dieu (ou à Dieu) et sa façon de montrer l’eau comme symbole du bonheur archaïque et de la mère.

Quoiqu’il en soit, THE TREE OF LIFE contient des moments qui émerveillent l’œil et l’esprit, tandis que les interprètes s’en tirent honorablement dans cette réalisation hermétique où rien n’est filmé banalement.
Cote : 7/10