Un psychopathe introverti séquestre deux humoristes qui ont ri de lui pendant un spectacle de leur tournée.
Sous son apparence de petite comédie noire, ce nouveau film d’Emile Gaudreault se veut une sorte de cours sur l’art de faire rire et de rire de soi-même. Jusqu’où va le sens de l’humour? Et comment peut-on s’affirmer par l’humour? Ce sont des questions que le film aborde et développe en se servant de la dérision et du second degré. Ainsi, le personnage à la fois inquiétant et cocasse de Michel Côté (encore fiable) est humilié sous le signe d’un humour méchant. Mais ironiquement, la souffrance qui l’habite se désamorce par la suite grâce à la manière dont est utilisé l’humour.
L’auto-dérision et le second degré va même commenter à un certain moment le jeu dramatique limité de Louis-Josée Houde. Dans une scène supposément touchante où son personnage est sensé complimenter celui de Benoit Brière (en verve), ce dernier lui répond en bouffant de rire qu’il sonne terriblement faux! C’est un des exemples qui justifie le sens et le titre même du film.
Bien sûr, LE SENS DE L’HUMOUR n’ira pas au panthéon de la mise en scène, malgré un rythme sans faille et une direction artistique colorée, ni au rang digne des comédies à suspense à la Hitchcock, puisque justement le ton d'humour de Houde et de Gaudreault ne nous fera jamais craindre vraiment la mort des personnages. Peu importe, LE SENS DE L’HUMOUR demeure une comédie bien plus réflexive et heureuse que la moyenne.
Cote 7/10.
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