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samedi 10 mars 2012

LA PEAU QUE J'HABITE

LA PEAU QUE J’HABITE
Espagne. 2011. Thriller de Pedro Almodovar avec Antonio Banderas, Elena Anaya et Marisa Paredes.
Sortie Blu-ray et DVD: 6 mars 2011.

Un chirurgien plastique séquestre une femme dans sa clinique privée afin d’expérimenter une peau artificielle qu’il a ingénieusement conçue. Du coup, la cobaye ressemble curieusement à sa femme qui est décédée des années plus tôt…
Le cinéaste Pedro Almodovar s’est généralement spécialisé dans les hommages sentis aux femmes et au mélos racontés dans des couleurs kitsch (ex :FEMMES AU BORD DE LA CRISE DE NERFS, TOUT SUR MA MÈRE, PARLE AVEC ELLE, VOLVER). Depuis quelques années, Almodovar a touché un peu au suspense avec LA MAUVAISE EDUCATION en 2004, l’a effleuré avec VOLVER en 2006 et l’a ensuite expérimenté sous forme d’exercice stylistique et narrative dans ÉTREINTES BRISÉS en 2009. Le voici maintenant qu’il expérimente de nouveau le thriller, mais cette fois de façon plus frontale avec LA PEAU QUE J’HABITE. Le scénario est inspiré du roman «Mygale» de Thierry Jonquet. Il y a un peu de science-fiction et d’horreur dans ce récit, puisque Antonio Banderas incarne une sorte de docteur Frankenstein moderne.


Le suspense s’agrémente aussi de touches hitchcockiennes et se donne parfois des allures de «giallo» italien. Mais Almodovar réussi à faire encore œuvre personnelle malgré les nombreuses références. La construction narrative complexe fait d’aller-retour passé-présent selon différents points de vue rappelle le montage fluide de LA MAUVAISE EDUCATION et ÉTREINTES BRISÉS, tandis que les révélations dramatiques tordues et les thèmes favoris du cinéaste comme l’identité sexuelle, l’amour fou et l’obsession maladive se dévoilent dans une mise en scène stylisée et souvent clinique. Le côté kitsch et mélodramatique chers à Almodovar peut encore tourner à la dérision la gravité des situations, mais le suspense est tellement tordu et mené avec sang-froid que le film captive jusqu’au dénouement, par ailleurs assez original.

  Antonio Banderas réussit l’exploit d’être intense tout en restant en contrôle, alors que Elena Anaya apporte l’émotion et les nuances requises dans son rôle de cobaye.
Cote : 7.5/10.

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