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vendredi 16 mars 2012

LES DESCENDANTS

(VF de THE DESCENDANTS) États-Unis. 2011. Comédie dramatique d’ Alexander Payne avec George Clooney, Amara Miller, et Shailene Woodley.
Sortie blu-ray et DVD: 13 mats 2012.

À Hawaii, un avocat promet à sa femme dans le coma d’être plus présent pour elle et ses deux filles. Mais on lui confirme à son grand désarroi que son épouse restera dans le coma. Et comme si ce n’était pas assez, il apprend que sa femme le trompait…
Dans ce drame où se glisse un humour savoureux et parfois inattendu, l’image de star glamour de George Clooney s’efface derrière sa performance à la fois humble et attachante d’un homme «ordinaire» qui doit faire face à une réalité pas idyllique du tout, malgré les apparences de cartes postales du décor Hawaiien. Il s’agit peut-être de la meilleure prestation de la carrière de Clooney.
 Quant au film lui-même, les sujets abordés (la préparation au deuil, le pardon, l’infidélité et ses conséquences, l’importance morale accordée aux ancêtres, la responsabilité et dignité du père face à ses enfants et sa famille, etc) auraient pu tomber dans les facilités du mélodrame familial, mais la finesse  dont fait preuve Alexander Payne (SIDEWAYS) fait de THE DESCANDANTS une oeuvre nuancée. 

 La simplicité de la mise en scène de Payne sert bien la lucidité  des dialogues et des situations.  Et pour couronner humblement cette réussite, le film se termine de façon fort touchante, même si la finale tire bien sûr sur les bonnes ficelles pour émouvoir le spectateur.
Cote : 8/10.

MONSIEUR LAZHAR

MONSIEUR LAZHAR. 2011. Drame de Philippe Falardeau avec Fellag, Sophie Nélisse et Émillien Néron.
Sortie DVD: 13 mars 2012
 
Ce film à la fois simple et plein d’esprit évoque les répercutions psychologiques provoquées par le suicide d’une institutrice qui s’est pendue dans la classe de ses élèves du primaire. Les thèmes du deuil, de la souffrance, de la culpabilité, de l’éducation et du besoin d’être aimé sont traités avec finesse et donnent lieu à des moments pertinents et émouvants. Le tout est réalisé sans prétention, ce qui prouve que le cinéma peut être intelligent et émotif même lorsqu'un film ne se donne pas des airs de «chef-d'oeuvre».
Cote : 8/10.

MELANCHOLIA

Danemark. 2011. Drame de Lars Von Trier avec Kristen Dunst, Charlotte Gainsbourg et Kiefer Sutherland.
Sortie Blu-ray et DVD : 13 mars 2012.

Une jeune femme nouvellement mariée retombe dans un état de profonde dépression lors de la réception de mariage dans un somptueux château où habitent sa sœur et son beau-frère. Pendant ce temps, une planète menace de se diriger vers la Terre…
Après l’horreur du deuil dans ANTICHRIST, le controversé Lars Von Trier (BREAKING THE WAVES, DOGVILLE) explore de nouveau le thème de la dépression, cette fois sur fond de fin du monde. Bien évidemment MELANCHOLIA n’emprunte aucunement la voie de la science-fiction. Von Trier est plutôt intéressé par l’état de ses deux «héroïnes». Celle malade réagit de façon paisible en cette fin du monde potentiel, tandis que l’autre, plus choyée, sombre progressivement dans la panique.

Avec toutes ses belles prétentions et son statut de «film d’auteur», MELANCHOLIA  demeure ennuyant à regarder. Malgré l’enthousiasme des critiques, je dois avouer que j’ai été assommé par l’inertie du récit, filmé la plupart du temps caméra à l’épaule (encore!) et par la vision désabusée du monde et des individus. Ce parti pris donne peu de chance aux spectateurs de s’attacher aux personnages. Pendant plus de deux heures, c'est long.


  Le grand Alfred Hitchcock a déjà dit que le cinéma était la vie sans les moments ennuyeux. On remarque que ce n’est pas la philosophie de Von Trier ici. 

Si on fait exception du prologue et de quelques plans rapellant des peintures, MELANCHOLIA provoque l’ennui à force de ne rien raconter, ni révéler. On nage dans l’attente passive de l’apocalypse, seul phénomène qui soulagera les personnages mais aussi la patience du spectateur. Mieux sans doute se consoler avec un joyeusement déjanté KABOOM (de Gregg Araki) comme fin du monde...
Cote : 5/10.

LES AVENTURES DE TINTIN

États-Unis. 2011. Film d’animation de Steven Spielberg.
Sortie Blu-ray et DVD : 13 mars 2012.

Le jeune reporter Tintin achète une maquette d’un navire français du XVIIe siècle. Aussitôt, deux personnes veulent lui acheter, mais il refuse leurs offres. Poursuivit et menacé, Tintin découvrira que cette maquette contient un secret qui le mènera à une course aux trésors…
Curieusement, Steven Spielberg a découvert  l’univers de TINTIN après avoir réalisé le premier Indiana Jones (1981).  C’est Hergé lui-même qui l’avait contacté pour lui dire que INDIANA JONES avait des similitudes avec TINTIN.  À l’époque, Spielberg avait d’ailleurs reçu le consentement de l’écrivain et illustrateur belge pour réaliser un film sur le célèbre reporter. Après des projets avortés dans les années 80 et 2000, voici que le célèbre réalisateur de JAWS réalise un rêve en offrant enfin son adaptation des aventures de Tintin.


Le résultat au premier coup d’œil dégage un charme irrésistible grâce à la conciliation de la technique du «motion capture», qui atteint ici un niveau de fluidité et de perfection inégalée, et du style visuel joliment désuet fidèle aux dessins de Hergé. La musique appropriée de John Williams contribue au charme sans être trop insistante. De plus, le truculent capitaine Haddock, les rigolos Dupont et Dupont et l’attachant Milou sauront amuser les spectateurs de tous âges.


Le charme et l’effet de nouveauté se dissipent cependant au cours de l’aventure, en raison sans doute du manque de renouvellement du scénario et de l’action dont l'inspiration peut faire penser en plus lisse à du INDIANA JONES (et parfois à du James Bond et du HOOK). Malgré cette baisse de régime dans le dernier droit, une poursuite rocambolesque «filmé» en plan-séquence retient l’attention.

Mais au-delà de la grande qualité technique de l’œuvre, que penseront les adeptes de Tintin sur le rythme de l’adaptation?  Il faut dire que le scénario, rondement mené, s’inspire de trois albums de Hergé, ce qui peut expliquer un rythme rapide bousculant les événements. Heureusement, le montage raccorde les plans et les scènes avec invention et fluidité, permettant aux spectateurs de suivre le récit les yeux grands ouverts.
En somme, ce TINTIN (qui serait préférable de regarder en version-française pour les fameux patois entre autres) est un film d’animation qui livre la marchandise, considérant qu’il s’assume comme un divertissement familial. Malgré tout, on ne peut considérer ce film parmi les meilleurs de Spielberg...
Cote : 7/10.

samedi 10 mars 2012

HUGO

États-Unis. 2011. Comédie fantaisiste de Martin Scorsese avec  Asa Butterfield, Chloë Grace Moretz, Ben Kingsley et Sacha Baron Cohen.
Disponible en Blu-ray et DVD.
Dans les années 1920 à Paris, un jeune orphelin vivant en secret dans une grande gare essaie de redonner vie à un automate qui appartenait à son regretté père. Grâce à un carnet contenant des indices et des pièces qu’il vole au vieux marchand de jouets de la gare, l’orphelin est tout prêt de faire fonctionner son automate. Mais alors qu’il veut voler quelque chose d’important, le vieux marchand le prend sur le fait et lui confisque son carnet.
Avec HUGO, le cinéaste Martin Scorsese (TAXI DRIVER, GOODFELLAS, THE DEPARTED) semble réaliser son premier film familial, mais ce n’est qu’une apparence. En effet, dans la première partie du récit, Scorsese plante son décor, présente ses personnages et les indices sur la clé du mystère.

De ce fait, le film se présente  comme une aventure qui émerveillera les enfants (la publicité du film va dans le même sens), mais dans la deuxième partie, le cinéaste se sert de ce prétexte pour rendre hommage à Georges Méliès, le premier maître du cinéma et le précurseur des effets spéciaux (il a créé aussi le premier studio de tournage). Scorsese exprime ainsi son amour pour l’histoire du septième art (ou pour le septième art tout court).  Les enfants risquent de s’ennuyer devant ce cours de cinéma nostalgique. L’aventure proprement dite et la découverte d’un monde merveilleux ne sont pas en réalité au rendez-vous, mais les cinéphiles intéressés aux ancêtres du cinéma trouveront sous doute leur compte, à défaut de retrouver le caractère mordant et viscéral des films habituels de Scorsese.

    HUGO rappelle aussi Dickens avec son récit initiatique et d’apprentissage mettant en vedette un héros pauvre et orphelin. C’est comme si Dickens rencontrerait Méliès! 

Paradoxalement, HUGO est filmé en 3D, ce qui crée un curieux décalage avec l’évocation des films de Méliès (ex : «Le voyage dans la lune» datant de 1902). Cependant, le 3D est utilisé de façon poétique et la réalisation d’une grande souplesse technique reconstitue l’époque dans une optique de rêverie nostalgique. Bref, il en résulte un beau film mais qui risque de trouver difficilement  son public.
Cote : 7.5/10

LA PEAU QUE J'HABITE

LA PEAU QUE J’HABITE
Espagne. 2011. Thriller de Pedro Almodovar avec Antonio Banderas, Elena Anaya et Marisa Paredes.
Sortie Blu-ray et DVD: 6 mars 2011.

Un chirurgien plastique séquestre une femme dans sa clinique privée afin d’expérimenter une peau artificielle qu’il a ingénieusement conçue. Du coup, la cobaye ressemble curieusement à sa femme qui est décédée des années plus tôt…
Le cinéaste Pedro Almodovar s’est généralement spécialisé dans les hommages sentis aux femmes et au mélos racontés dans des couleurs kitsch (ex :FEMMES AU BORD DE LA CRISE DE NERFS, TOUT SUR MA MÈRE, PARLE AVEC ELLE, VOLVER). Depuis quelques années, Almodovar a touché un peu au suspense avec LA MAUVAISE EDUCATION en 2004, l’a effleuré avec VOLVER en 2006 et l’a ensuite expérimenté sous forme d’exercice stylistique et narrative dans ÉTREINTES BRISÉS en 2009. Le voici maintenant qu’il expérimente de nouveau le thriller, mais cette fois de façon plus frontale avec LA PEAU QUE J’HABITE. Le scénario est inspiré du roman «Mygale» de Thierry Jonquet. Il y a un peu de science-fiction et d’horreur dans ce récit, puisque Antonio Banderas incarne une sorte de docteur Frankenstein moderne.


Le suspense s’agrémente aussi de touches hitchcockiennes et se donne parfois des allures de «giallo» italien. Mais Almodovar réussi à faire encore œuvre personnelle malgré les nombreuses références. La construction narrative complexe fait d’aller-retour passé-présent selon différents points de vue rappelle le montage fluide de LA MAUVAISE EDUCATION et ÉTREINTES BRISÉS, tandis que les révélations dramatiques tordues et les thèmes favoris du cinéaste comme l’identité sexuelle, l’amour fou et l’obsession maladive se dévoilent dans une mise en scène stylisée et souvent clinique. Le côté kitsch et mélodramatique chers à Almodovar peut encore tourner à la dérision la gravité des situations, mais le suspense est tellement tordu et mené avec sang-froid que le film captive jusqu’au dénouement, par ailleurs assez original.

  Antonio Banderas réussit l’exploit d’être intense tout en restant en contrôle, alors que Elena Anaya apporte l’émotion et les nuances requises dans son rôle de cobaye.
Cote : 7.5/10.